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  • : PETIT-AUVERNÉ PATRIMOINE
  • PETIT-AUVERNÉ PATRIMOINE
  • : Un inventaire du patrimoine de la commune du Petit-Auverné (44) à partir d'une recherche documentaire.
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  Avertissement: Pb technique!

château de la Rivière J.Chapron 1901

 

Rivière (La), f. commune du Petit-Auverné.

— Château, ruiné, de diverses époques, construit en éclats de schiste, au bas du coteau qui dévale vers le Vilan ou Nilan, ruisseau affluent du Don, et dont les eaux, retenues par une chaussée, formaient, sous les murailles mêmes du chateau, vers le Sud, un étang transformé en prairie.

— L'entrée principale, unique, faisait face au coteau vers le Nord. — C'était un porche dont il reste les deux arcs extérieurs, celui vers le Nord plein cintre, renforcé d'un arc en anse de panier, les deux formés de claveaux de schiste. Un très beau chêne, dont le tronc s'encastre dans la maçonnerie, a poussé à l'angle droit du porche externe, le couvrant en entier de sa ramure puissante. Notons de suite de nombreuses pierres de grès ferrugineux, qu'on trouve un peu partout dans les bâtiments ruinés, aux jambages des cheminées, aux chambranles des portes et fenêtres. A droite, dès l'entrée, devait être la salle des gardes, chauffée d'une cheminée, s'il faut s'en rapporter au réduit voûté, éclairé par une meurtrière (vers angle N.-O.), qui devait être un cachot ou des latrines. Une grande salle, ou deux petites, car on voit deux cheminées, couvraient le porche et la salle des gardes. Ces cheminées ont des encorbellements de tuffeau et de schiste. Un deuxième étage existait ; une cheminée l'indique, dont les jambages et les corbeaux sont en pierre blanche.

— Dans la cour, à l'Est du porche et le touchant, reste la base d'une tourelle pentagonale, contenant un escalier à vis à noyau et degrés de schiste. — De petites baies étroites, formées de deux blocs ferrugineux, prouveraient l'antiquité du château.

La cour rectangulaire était entourée de bâtiments sur les trois côtés N., E. et O. — Tous les bâtiments vers E. et N.-E. sont tombés. La chapelle occupait l'angle N.-E. au bord de la douve. — Elle était orientée ; le pignon occidental est encore debout. Une porte a été ouverte postérieurement sous ce pignon ; près de l'entrée subsiste, encastré dans la maçonnerie, un bénitier pentagonal en schiste. Une fenêtre en tuffeau, dont les meneaux ont été brisés, éclairait l'autel et ouvrait vers N. sur la douve. Une grande et large porte, sous un arc de schiste, faisait communiquer la chapelle avec un retrait, chauffé, au premier, d'une cheminée aux jambages et entablement de schiste, dont les profils indiqueraient le XVe siècle. Les murs extérieurs sont percés de trous pour le columbarium. — Dans la chapelle, où, sous un toit d'ardoise, on a laissé l'autel, sont encore une Pieta et une vieille statue de saint René.

— Les bâtiments principaux semblent avoir été ceux de la partie N.-O. Entre le porche et le corps de logis qui le surmontait et la muraille occidentale existait un bâtiment en équerre, ayant à l'aisselle une tourelle sur plan carré, mais cylindrique à l'intérieur contenant un escalier hélicoïdal à noyau et marches de schiste. Au plain-pied était la grand'salle, et, à l'occident de celle-ci, dans l'angle N.-O., la cuisine, dont on voit encore, dans le foyer de la cheminée, les deux fours. Le grand a une bouche ogivale en schiste et est profond de plus de deux mètres ; l'autre a une ouverture ogivale en briques. A l'angle externe existait un réduit oblong communiquant avec la cuisine, dans une tourelle d'angle. Au premier étage de cette tourelle, carrée dans sa partie inférieure, cylindrique dans sa partie supérieure, sont des sièges de pierre pour les guetteurs. De nombreuses meurtrières percent les murs. — Le carrelage des salles supérieures est en briques de 1l centimètres de côté. — Des constructions du côté 0. de la cour, il ne reste qu'un pignon ; dans l'angle N.-O. était le puits aujourd'hui  comblé. — Deux contreforts en avant-corps flanquent l'entrée du châtelet. — La ruine, recouverte d'un lierre vigoureux et du grand chêne du porche, a un aspect pittoresque. Les douves, conservées comme abreuvoir, subsistent seulement au N.-E.

— Le plan général est un rectangle de 40 à 50 mètres sur chaque face N. et S. Les bâtiments à l'occident du porche ont seuls conservé leur toiture ; ils montrent des baies schiste (XVIIe siècle). — Il y a vingt ans, le châteaut, avait encore debout toutes ses constructions. Des fantômes l'habitent en paix actuellement.


La Rivière cadastre 1840

Cadastre napoléonien: reste à dessiner le plan selon les indications ci-dessus !!

 

La Rivière en Auverné  J. Chapron
d 'après un document manuscrit (années 70)  reproduisant un article de J.Chapron non daté (postérieur à 1901? ultime visite?).

I- Histoire d'un manoir.
Dans le vallon d'un petit affluent du Don nommé le Nilan, non loin de sa source un vaste éboulis de roche appelé Champenielle fut construit au XII ou XIIIe siècle, le manoir  de la Rivière en la paroisse d' Auverné.
De nombreux dolmens et menhirs, des tombelles, un cimetière gallo-romain ou mérovingien,etc.. démontre l'existence d'une agglomération humaine dans la vaste solitude choisie par les Seigneurs de la Rivière: le sol fait de causse de schiste, à peine recouvert de terre, était pourtant peu propre à l'extension de l'agriculture.
Les Seigneurs de la Rivière furent seigneurs fondateurs de l'église d'Auverné, ainsi que sa feuillette érigée plus tard en succursale, Saint Sulpice aujourd'hui le Petit-Auverné. Leurs armoiries brillait dans les vitraux des deux églises, au dessus bien entendu, de celles du Seigneur prééminencier, qui n'était autre que le baron de Chateaubriant, Seigneur de ce lieu, de Vioreau, de Candé, de Bain (?) et de cents  autres châtellenies.
Des titres féodaux de la fin du XIIIe siècle prouvent l'existence d'un Pierre de la Rivière, Seigneur de ce lieu et en même temps de la Chauvelière en Joué. Puis pendant tout le cours du XIVe siècle, les titres font défaut, et il faut descendre assez bas dans le cours du XVe siècle, pour trouver en 1427, Thibault de la Rivière, en même temps Seigneur de la Robinaye en Bain. Ce Thibault n'ayant qu'une fille unique, Isabeau, la maria en 1420 à Gilles Menguy, qui selon la coutume féodale, prit le nom et les armes de Jean de la Rivière.
    Jean de la Rivière, chevalier ami du duc de Bretagne Jean VI, fut choisi par lui pour être son chambellan et ensuite le chancelier de la province. Il se remaria avec Jeannette Brillet, et le fils de ce second mariage, nommé Robert, fut évêque de Rennes de 1447 à 1449, année pendant laquelle il mourut.
Odet de la Rivière, demi-frère de Robert, fut recteur de Sint Julien de Vouvantes, puis abbé de Saint Sauveur de Redon, alors qu'un autre, Gilles, était archidiacre de Rennes.
    Gilles, fils probable de Jean I, est cité par Dom Morice comme président au béguin du Duc François II, mort à Couëron le 9 septembre 1488.
    Les seigneurs de la Rivière étaient en même temps, pour le moins à cette époque, Seigneur de la Chauvelière en Julien de Vouvantes, fief dont dépendait le fond sur lequel étaient bâties l'église et le prieuré de Saint Julien. (ce fief s'appelait « la Rivière en Haut-Bois)
    Dans la grande fenêtre du choeur de cette église, se voyaient les armes des la Rivière: fascé de gueules et d'argent herminé de six pièces.
    Le domaine de la Rivière resta dans la famille jusqu'en 1520, année pendant laquelle la seigneurie tomba en quenouille, Jean II de la Rivière n'ayant à sa mort qu'une fille, Jeanne, qui épousa René Angier. Un peu plus d'un siècle après, en 1628, la seigneurie tomba encore en quenouille par le décès de Claude Angnier, seigneur de Crapadot, dont la fille épousa Pierre Poussepin, à qui la Rivière fut adjugée judiciairement. Mais il est a supposer que de cette alliance ne vint ou ne subsista nul enfant, puisqu'en 1679 nous retrouvons la Rivière et ses dépendances ayant pour maître Henri-Albert Angier de Lohéac, marquis de Crapado.
    Henri-Albert Angier dût vendre La Rivière à un sieur Barthélémy Ferret, qui meurt en 1687, laissant 3 filles dont l'une, Françoise, épousa Jacques Nicolas Huard de Boeuvre. De ce mariage naquit Françoise Perrine, qui épousa Jacques-Claude Raoul de la Guibourgère. De ce mariage naquit Louise-Françoise qui épousa Camus de Viarmes. De ce mariage naquit Louis-Jean Népomucène, Marie François Camus de la Guibourgère qui de son mariage avec Marie Thérèse Thunot eut Alexandre Prosper.
Alexandre Prosper Camus de la Guibourgère membre des Assemblées Constituantes et Législatives, Conseiller Général, maire de Teillé, mourut au château de la Guibourgère le 7 janvier 1853; sa fille Blanche Alexandrine Charlotte, épouse d'Augé de Fleury donna la Rivière d'Auverné à son frère Édouard Marie Alexis.
Jusqu'en 1811, le domaine de la Rivière en Haut-Bois avait été indivis. Il s'étendait sur la commune du Petit et du Grand-Auverné, et comprenait  en outre des ruines du manoir, la métairie de la Rivière, celle de la Plouzière, de l'Equesche et de la Bouve, le moulin de la Bouve sur le ruisseau du val avec étang et divers bois et taillis. Aujourd'hui, la Rivière est la propriété de plusieurs agriculteurs du Pays;

II- Le manoir de la Rivière.

Le manoir, chef-lieu de la seigneurie de ce nom, en Auverné,  laquelle était de la mouvance de la châtellenie de Vioreau-les-Joué, elle même annexe de la baronnie de Chateaubriant, était construit dans un basfond, au pied du coteau schisteux et dépourvu de végétation, sinon landes d'ajoncs et de genêts qui en augmentait la désolation. Les nombreux monuments mégalithiques qu'on trouve encore dans cette région prouveraient l'abandon pendant toute la période médiévale , de ces champagnes au sol aride et faites de causses de schiste.
    Aussi les constructeurs n'eurent-ils qu'à creuser les flancs du coteau pour y trouver les matériaux nécessaires à l'édification de leurs bâtiments. Une chaussée fut d'abord élevée pour barrer le cours du Nilan et former ainsi un étang dont les eaux avivanderaient les douves du nouveau manoir.
    Une aire rectangulaire fut ensuite entourée de murailles le long desquelles s'élevèrent les bâtiments d'habitation, de défense et de servitude. Le coteau voisin put fournir les pierres de maçonnerie, mais on fut néanmoins obligé d'aller chercher la pierre de taille nécessaire aux embrasures, aux chaînages et aux cheminées aux carrières de Saint Michel, près de Chateaubriant pour les grès ferrugineux , ou à celles de Villechoux, sur la lisière de la forêt d'Ancenis, pour les schistes propres à l'appareillage. Un châtelet à 2 étages, flanqué de contreforts surmontait le porche d'entrée, fait de voûte de claveaux de schiste , maintenus par des arcs extérieurs, celui de l'entrée en plein cintre renforcé d'un arc en anse de panier. A droite en accédant sous le porche se trouvait la salle des gardes, avec cheminées et réduit indispensables aux séjours d'une troupe d'hommes. A la sortie, on avait à sa gauche une tourelle pentagonale contenant un escalier à vis, fait de degrés de schiste qui desservait les chambres à 2 cheminées des 2 étages du châtelet. Des bâtiments importants s'élevaient de chaque côté de la cour.
Le logis de l'Ouest était en équerre; à l'angle interne s'élevait une tourelle sur plan carré, mais cylindrique à l'intérieur, et renferment l'escalier hélicoïdal spécial aux appartements de ce logis. Au plain pied était la grand'salle , touchant la cuisine dont la cheminée recouvrait de sa hotte la gueule de  deux fours, le four à pain et le four aux viandes hachées et pâtisseries. Xe bâtiment était défendu à l'extérieur par une tourelle angulaire percée de meurtrières et garnie de sièges pour les hommes de guet.
    Les bâtiments du côté du levant étaient depuis longtemps ruinés faute d'occupation et d'entretien. La chapelle occupait l'angle N-E au fond de la douve. Elle était jadis éclairée par deux fenêtres de style ogival, à menaux, dont une au dessus de l'autel, vers l'Orient. Cette fenêtre fut bouchée au XVIIIe siècle par une maçonnerie dans laquelle on aménagea une niche destinée à contenir une Pieta de style vulgaire, qui a été conservée . Une large porte faisait communiquer la chapelle  avec l'oratoire privé des seigneurs, au dessus duquel était la chambre du trésor ou les archives. De chaque côté de l'autel on voyait les les statues, de moyennes nature, en tuffeau polychromé des saint René, évêque, et Hubert patron des chasseurs. Celui-ci, contrairement à l'habitude était représenté avec un angelot s 'accolant à sa jambe droite au lieu du cerf traditionnel. Son toquet était orné en son milieu, d'un écu ou d'un cartouche portant deux clefs en sautoir et liées d'une chaînette par leurs anneaux. Ces statues ayant été brisées à une date inconnue furent enfermées – tout au moins les fragments qui en restaient -dans une cache pratiquée à la base d'une muraille. C'est là qu'elles ont été trouvées récemment, lors de la démolition des bâtiments ruinés qui demeuraient debout du manoir de la rivière.
    Depuis longtemps, d'ailleurs, ses murs croulaient sous les coups des ans,  et leurs débris servaient à la construction des maisons dans les villages environnants. Quelques indices

architectoniques prouveraient qu'ils étaient néanmoins habités au cours du XVIIe siècle, sinon par les seigneurs, tout au moins par leurs officiers. Mais à la Révolution, il était déjà inhabitable: seuls les fantômes y résidaient en paix, sous les toitures aux lourdes ardoises dont le poids faisait rompre les lattes pourries.
    Au commencement de ce siècle, l'ensemble de la ruine que recouvrait en partie un lierre vigoureux et la puissante ramure d'un orme centenaire, qui avaient pris pied à l'angle droit du porche d'entrée, avait un aspect pittoresque.
Mais d'ici quelques mois, il ne subsistera rien de l'habitation des de la Rivière; ses murailles seront arasées leurs pierres de jauge serviront à la construction, sur son emplacement même, de maisons rurales bâties à la moderne, dans lesquelles des lits de milieu à dossier sculpté et des armoires à deux glaces remplaceront les buffets à deux corps et les lits à quenouilles et à courtines de nos ancêtres. Il est déjà loin de nous le temps où, dans les borderies et métairies, il n'y avait qu'une paire de souliers servant à toutes les femmes, et qu'un seul habit – l'habit de messe – à l'usage des hommes de la maisonnée.

Avivander: fournir en eau, alimenter, approvisionner (dictionnaire gallo « cantou disou »


Voir armoiries décrite et blason du P-A

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