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  • : PETIT-AUVERNÉ PATRIMOINE
  • PETIT-AUVERNÉ PATRIMOINE
  • : Un inventaire du patrimoine de la commune du Petit-Auverné (44) à partir d'une recherche documentaire.
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Article publié dans le Bulletin de la Société d'archéologie de Nantes et de la Loire Inférieure,

année 1897  1er semestre   tome 37 ( p42 -48)

 

Tum1

 

 

 

 

Tum2

 

 

  M. P. de Lisle du Dreneuc, dans son savant Dictionnaire
archéologique de la Loire-Inférieure, signale dans le canton
de Saint-Julien de Vouvantes, commune du Petit-Auverné,
différents monuments mégalithiques situés au lieu dit « Le
Moulin Violet ».

Suivant lui ces monuments se composent d'un alignement
composé de 7 menhirs rangés en droite ligne et placés dans
un champ figurant au cadastre sous le n" 65 de la section G.
Notre érudit conservateur signale encore près de là une pierre
debout et dans le même triage deux buttes de 8 à 10 pieds de
haut sur 12 mètres environ de large à la base.

L'auteur s'exprime du reste ainsi : « Dans le même triage
et faisant suite à. l'alignement, dans la pièce n° 64 de la même
section on voi 1 2 buttes de 8 à 10 pieds de haut sur 12 mètres
environ de largeur à la base. L'une, la plus à l'Est a été dé-
 couronnée et l'on en a extrait d'énormes pierres employées
depuis à des constructions ; de gros blocs de quartz à demi
enfouis sous les terres paraissent encore au sommet ; l'autre
est un peu plus élevée et n'a pas été touchée. Il est difficile de
se prononcer sur la nature de ce tumulus. Les fouilles que
nous comptons entreprendre sur ce point nous renseigneront sans
 doute à ce sujet » .

Au mois d'août dernier, nous parcourions les champs qui
entourent le Moulin Violet, et non loin desquels la voie romaine,
allant de Nantes à Rennes en passant par Petit-Mars,
franchit le Don, lorsque notre attention fut attirée non seule-
ment par cet alignement de menhirs, mais encore par le grand
nombre de ces mégalithes les uns couchés, les autres debout,
entourant en quelque sorte comme un centre les deux buttes
dont nous donnerons tout à l'heure la description.

Commençons, si vous le voulez bien, par une énumération,
assez rapide, des mégalithes qui entourent les deux tumulus et
nous arriverons ensuite à leur description et aux fouilles que
nous y avons fait opérer.

Section G de la Cantrais. N° 83. Lande Ferrière : 4 menhirs
orientés du S.-O. au N.-O. (voir le plan) le 1er en quartz de
2 m de long, l,30 de hauteur et 0,65 d'épaisseur, le 2e de l,60 m x
0,80 X 0,35, le 3e en grès est brisé, un fragment a une section
de 2 mètres sur 1m50 de largeur et 1m d'épaisseur, du 4e, près
du fossé, il ne reste que la base qui affleure à peine et
a 1m40 X lm — N" 67. Pièce de lande, on y voit la base d'un
menhir en quartz de 1m20 X 1m.

N° 65. Pièce de lande. Alignement de 7 menhirs signalés
par M. de Lisle et ayant, le 1er à l'Ouest, 2m15x 1,20 X 0,60,
le 2e 3m35 X 1,55 X 1m, il repose à côté d'un fragment en pro-
venant et mesurant 1m X lm50 de section qui en formait la
base, le 3e est encore debout, il a 2m40 de hauteur, lm30 de
largeur et 0m80 d'épaisseur ces trois sont en quartz blanc, le
4e en pierre bleue très dure (psammite) a 4m10 x 1,30 x0,80,
le 5e en grès quartzeux a 2m x 0,80 x 0,60, le 6e et le 7e en
 quartz blanc ont respectivement 3m10 x 1,50 x lm et 2m90 X 1mX0,70.

En face, N° 88, une pierre en grès de 2m sur 0m80 (débris de
menhir). Dans le chemin qui longe cette pièce se trouvent
d'importants débris de quartz et de grès, plusieurs ont une
section de plus de 2m de longueur sur 2m de largeur, provenant
d'un alignement situé dans le prolongement de celui du N° 65,
 l'un de ces menhirs avait, paraît-il, 6m de hauteur ; ils
ont été brisés, il y a une trentaine d'années, lorsque le père
du meunier actuel a enclos cette « lande du Moulin », 26 mètres
cubes en provenant ont été employés à la construction du chemin
de grande communication N° 29 allant des Grands-Ponts à Candé qui
 passe non loin de là. Une poterie en terre gris noirâtre et mal
cuite, ayant tous les caractères des poteries dolméniques a été
trouvée à cette époque dans le même  champ.

N° 93. Pièce du Gros Caillou. On y voyait, il y a quelques
années un menhir qui a été brisé pour les mêmes usages, il
était sur la même ligne que les alignements précédents.

N° 102, 103. Les champs Moignons. La base d'un menhir y
affleure le sol, il est assez profondément enfoui en terre.

N° 92. Un menhir en grès de 1m50 x 0,80 x 0,30.

N° 110. Les champs Moignons. On y voyait, il y a une
dizaine d'années, un menhir en quartz blanc ; le long du fossé
existe encore, à demi engagé dans le talus, un fragment de
grès terminé en pointe au sommet et mesurant 1m50 de hauteur,
 autant de largeur et 0m50 d'épaisseur.

N° 118. Les Êtres. Débris d'un menhir en quartz blanc.

N° 60. Les Êtres. Alignement formé de 5 menhirs, couchés
le long du fossé ; le 1er à l'ouest a 2m de hauteur, 0m 70 de
largeur et 0m40 d'épaisseur, on voit dans le fossé la partie
inférieure du deuxième, ayant lm sur 1m environ, le 3e terminé
en pyramide a 2m60 x 0,80 X 0,60, dans sa chute il s'est brisé
en deux fragments, le 4e a 3m43 de longueur, 1m 10 de largeur
 et 0m90 d'épaisseur, il reste du cinquième un fragment de
2m X 1m X 0,40.

Les menhirs des n" 60, 65, 67, 88, 92, 93, 102, 103 et 110
forment une enceinte à peu près triangulaire, rappelant la
forme des celtœ, les tumulus sont placés à l'intérieur à égale
distance des côtés égaux et près de la base.

Enfin sur le coteau, de l'autre côté du Don (commune de
Moisdon) section C5 des Grées, nous trouvons dans la parcelle
n° 9, deux menhirs couchés, l'un de 2m X 1,15 x 0, 45, au nord,
le 2e au sud de 1m95 X 0,85 x 0,50. Dans le champ voisin,
n' 10 du plan, nous avons dégagé un dolmen qui d'après la
légende renfermait un trésor, les chercheurs de trésors en
ont renversé la table en arrière et violé l'intérieur.

    La table mesure 1m55 X l,80 X 0,45 et est, comme le
reste du monument, en quartz blanc ; la paroi sud est formée
d'une pierre de 1m40 de hauteur, 1m40 de largeur et 0m50 d'é-
paisseur, la paroi Est a 1m30 X 0,95 et 0m40 d'épaisseur, au
nord le dolmen était fermé par deux pierres de 1m30 de hauteur
 et de 0m70 de largeur chacune, sur une épaisseur de 0m40.

    Nous allons nous occuper maintenant des fouilles faites
dans les deux tumulus dont il a été question ci-dessus :

    Le tumulus placé à l'angle N.-O. de la parcelle n° 64 paraît
avoir été établi de la façon suivante :

    Sur une superficie de 150 mètres carrés environ, le schiste
a été nivelé en cercle ; dans les anfractuosités du roc, des gra-
viers ont été disposés pour l'aplanir, puis une couche de cendre
de 0m16 d'épaisseur a été placée sur cette aire. (Au niveau
supérieur de la cendre, nous avons trouvé 3 éclats de silex
et un percuteur formé d'un galet très dur). Ensuite, au centre,
on a disposé un cercle de 5m de diamètre environ, formé de
menhirs, dont quelques-uns atteignent 1m60 de hauteur. Ces
pierres ont été calées au moyen de cailloux quartzeux et l'une
d'elles, que nous avons dégagée complètement, est placée au
bord d'une petite excavation de 0m60 de long, 0m40 de large
et 0m20 de profondeur paraissant destinée à la recevoir, mais
une fausse manœuvre a dû en compromettre la pose (Voir la
coupe).

    Enfin, pour terminer le tertre, de gros blocs schisteux entre-
mêlés de plus petits, ont été déposés à la main sur toute la
surface de la cendre, de façon à former un tronc de pyramide
dont la base supérieure, comprise entre les menhirs, est à
lm50 environ au-dessus du sol nivelé. Des parements verticaux
 existent dans cette masse, où aucune chambre n'a été
ménagée. Autrefois un énorme menhir était planté au centre,
couronnant le centre du monticule : il a été brisé pour fournir
la pierre employée à l'entretien des chemins avoisinants. Ce
tumulus nous paraît rentrer dans la catégorie de ces monuments
 dits « de souvenir ».

    Deux haches polies en diorite ont été trouvées à toucher le
bord du tumulus, une d'elles est inachevée.

    Le tumulus de l'Est a été construit suivant un principe
tout autre :
    Le sous-sol schisteux est bien mieux nivelé, au centre de la
partie arasée,une couche de gros gravier caillouteux de 18 cen-
timètres d'épaisseur a été placée ; puis une couche de cendre
mêlée de très petits fragments de schiste recouvrait ce gravier,
 sur une épaisseur de 35 centimètres.

    Ensuite deux murs parallèles, très minces, en schiste ardoi-
sier orientés du S.-E. au N.-O. ont été élevés avec parois verti-
cales, laissant entre elles un espace libre de 1m20. Vu leur faible
épaisseur (0m20) environ, on a dû, en même temps, et pour les
maintenir, établir à l'extérieur le remblai formé de cendre
(Voir les coupes).

    Entre les deux murs, et sur la cendre, un plancher en bois
excessivement mince (l'épaisseur actuelle n'est que de 2 à 4
millimètres) était déposé. Peut-être était-ce simplement une
claie, car l'écorce était encore très visible ?

Sur cette couche de bois, nous avons trouve de chaque côté et
touchant les murs, deux vases brisés, munis d'anses rudimentaires
 formées de protubérances percées de trous destinés à laisser
passer les cordons de suspension ; ces vases sont très
grossièrement travaillés, sans l'aide du tour.

    Nous n'avons recueilli qu'une anse de celui touchant la paroi
Sud, qui, quoique plus épais, mais moins cuit que le premier,
est brisé en fragments plus petits, nous n'avons pu par suite
en reconstituer le profil.

    La terre de ces poteries est rougeâtre à l'intérieur, noirâtre
à l'extérieur et mélangée de petits cailloux; la cassure en est
terne et terreuse.

    Le col du vase le mieux conservé était elliptique et avait
22 centimètres dans son plus grand diamètre, il était relevé
aux extrémités de ce grand axe, la panse était assez prononcée.

    Au N.-O. de la chambre et au milieu de l'espace formé par
les deux murs (aux pieds de la personne ensevelie, par conséquent)
 nous avons recueilli un grattoir en silex éclaté.

    La chambre, formée par les deux murs décrits, a été ensuite
comblée au moyen de cendre mêlée de fragments de charbon,
elle ne paraissait pas contenir de traces d'os calcinés.

    Au Sud-Est et reliant les deux murs, en fermant la cavité de
ce côté, deux murettes en pierres sèches à parois verticales
ont été établies, mais elles ne descendent qu'à quarante centi-
mètres environ au-dessous du niveau supérieur des autres
murs. Enfin, placés sur la cendre, entre ces murettes, de gros
blocs de quartz grossièrement taillés formaient la couverture,
 un seul d'entre eux qui gênait les laboureurs a été enlevé.

    Des trois restants : le premier a 0m20 de longueur, une
largeur variant de 70 à 80 centimètres et 0m45 à 50 centimètres
 de largeur et 0m30 d'épaisseur, le troisième est échancré
dans un angle afin de se raccorder avec les deux autres, il a
1 mètre dans sa plus grande longueur et une épaisseur de
0m15 seulement.

    Ces blocs ont été placés séparément, après la cendre qui
seule les soutient. Le tertre terminé avait environ lm70 de
hauteur au centre, y compris la couche de terre végétale variant
 de 0m,30 à 0m,60 qui recouvrait tout le monument dont
la surface totale atteint 300 mètres carrés environ.

    Ce tumulus se rapproche beaucoup,soit comme dimensions,
soit comme construction, de ceux fouillés par l'éminent Prési-
dent de la Société Archéologique du Finistère, M. du Chastelier,
dans ses excursions des montagnes d'Arrée et s'éloigne beaucoup
 des dolmens formant la partie principale des tumulus trouvés
jusqu'ici dans notre région.

Tum3                                                           Tum4                 Tum5

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