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  • : Un inventaire du patrimoine de la commune du Petit-Auverné (44) à partir d'une recherche documentaire.
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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 15:10

Carte de 1771  Ogée (1728-1789)

Carte géométrique de la Province de Bretagne dédiée et présentée à Nosseigneurs les Etats par leur très humble et très obéissant serviteur Ogée, ingénieur des Ponts et Chaussées et ingénieur géographe de la province, chez l'auteur, Nantes, 1771.

nota: sur certaines cartes on trouve "Auverné" et à côté "le Petit Bourg". Donc d'Auverné il y a le grand bourg et le petit bourg ...

Nous avons évoqué le sobriquet de berlaous/berlawes -orthographe à débattre- une anecdote:

tirée de "chouannerie-chez-alice.fr"  évoque un conflit de frontière et donne une explication à cette appellation!

V - LES CHICANERIES

(Le chemin Bernard)

Depuis au moins le XII° siècle, le chemin Bernard limitait au nord la forêt d'Ancenis-les-Bois, appelée autrefois forêt de la Benâte. Ce chemin marquait ainsi la séparation entre les paroisses de Riaillé et d'Auverné et, en même temps les baronnies d'Ancenis et de Châteaubriant. De temps immémorial, chaque année au temps des Rogations, la procession de chacune des paroisses s'arrêtait au chemin Bernard pour bien marquer la limite des deux juridictions.

En 1606, lors d'un procès dont nous allons parler, le rédacteur du procès-verbal remarquait que la paroisse d'Auverné continuait cette tradition alors que celle de Riaillé "avait discontinué (…) on ne sait pourquoi, si ce n'est par la négligence d'ycelle paroisse."

Le chemin Bernard aurait eu un autre nom, celui du "Chemin de la chevauchée au duc". De quelle chevauchée ? De quel duc ? La tradition restée dans la mémoire des gens du pays ne le dit pas !

C'était sûrement un très vieux chemin allant des limites de l'Anjou jusqu'à la Vilaine, dont on peut encore suivre le parcours sur les anciennes cartes d'état major (Freigné, forêts de Saint-Mars et d'Ancenis, la Meilleray, Abbaretz, Nozay, etc.) D'après la tradition, admise en 1606, son nom lui serait venu du passage de saint Bernard. En tout cas, ce fut le chemin qu'empruntèrent les moines de la Melleray pour aller à leur abbaye mère de Pontron en Anjou.

Le chemin Bernard bornait au nord la Poitevinière, de l'est à l'ouest, depuis les "Trois souches" disparues depuis longtemps situées au Jeannau (Le Jehanneau) et qui faisait séparation en ce lieu entre la forêt de la Poitevinière, la forêt de la Chapelle-Glain et les Communs d'Auverné. Il se prolongeait jusqu'au Breuil au Febvre ou Breuil aux Moines appartenant à l'abbaye de la Melleray. En 1132, lors de la première donation faite au Prieuré de la Poitevinière, il est fait mention du "callis Bernardi" (callis signifie chemin). Dix ans plus tard, en 1142, dans la charte de fondation de l'abbaye Notre-Dame de la Melleray, il est question du "cheminum Bernardi".

Procès de 1606-1619 :

Le chemin Bernard était bordé d'arbres des deux cotés. Considéré de tous temps comme mitoyen entre la forêt de la Poitevinière et une large bande de terrains vagues servant de pâturages communs à quatre des plus grands villages d'Auverné : Villechoux, Villeneuve, la Banche et la Haye, les arbres coté sud appartenaient au baron d'Ancenis et ceux coté nord revenaient pour les 2/3 au baron de Châteaubriant et 1/3 aux paysans utilisant les communs.

Or, le 20 avril 1606, Jean de Mazozer administrateur de la forêt d'Ancenis, qui était aussi gouverneur de cette ville, ordonna de marquer pour les abattre un certain nombre d'arbres se trouvant sur le coté nord du chemin Bernard. Immédiatement les habitants d'Auverné, voisins du chemin, avisèrent l'intendant du baron de Châteaubriant, le connétable Henri Ier de Montmorency, qui porta plainte devant la cour de justice de Nantes. La baronne d'Ancenis, Marie de Luxembourg, veuve du duc de Mercoeur, prit fait et cause pour les officiers de sa maison.

L'enquête commença bientôt, on interrogea de nombreux témoins, les Archives , même celles des moines de Melleray. Le résultat fut que le tort fut mis au compte des officiers de la Baronnie d'Ancenis. La duchesse de Mercoeur n'accepta pas cette décision et fit appel au Parlement de Rennes, qui après de longues procédures, rendit son arrêt le 28 septembre 1613. La baronne était condamnée à payer les frais du procès ainsi que les dommages et intérêts calculés d'après la valeur du bois des arbres vendus ou abîmés. De plus le Tribunal de Rennes ordonnait de constituer une Commission d'Experts qui descendrait sur les lieux à une date fixée d'un commun accord, afin de déterminer nettement les limites entre les deux baronnies.

Après plusieurs appels restés sans réponses, la duchesse de Mercoeur refusant de comparaître ou de se faire représenter, le Parlement de Rennes envoya Messire de la Guéronnière-Garnier, l'un de ses Conseillers, escortés de notaires et de greffiers. C'était le 4 janvier 1619, donc plus de 5 ans après l'arrêt du tribunal. Arrivé sur les Communs d'Auverné, près de la forêt, l'homme de loi ne trouva personne pour représenter Ancenis, car même les bûcherons de la Poitevinière, directement intéressés n'étaient pas là. Par contre, tous ceux des Communs d'Auverné étaient présents. L'homme de loi attendit quelque temps, fit des sommations dans le vide et rédigea le constat d'absence. Puis, il procéda à la limitation des deux baronnies. Les gens qui le guidaient étaient tous d'Auverné, avec eux il traça une nouvelle lisière des Communs qui prenait sur la forêt un peu au sud du chemin Bernard mais sur une bonne longueur. Ainsi la forêt d'Ancenis perdit au bénéfice des Communs d'Auverné de 300 à 400 journaux de terre (150 à 200 ha).

La baronne d'Ancenis protesta en vain et les gens de la Poitevinière ne lui pardonnèrent pas son attitude. Quelque temps plus tard, les gens des Communs d'Auverné mirent le feu dans des broussailles, le feu gagna la forêt et fit des ravages, parce que les gens de la Poitevinière ne se dérangèrent pas pour l'éteindre.

[Les habitants de Riaillé avaient surnommés les habitants du grand bourg et du petit bourg d'Auverné : les berlawes (habitants des bourgs), ceux d'Auverné traitaient ceux de Riaillé de patawes (patauds). Ces appellations sont de moins en moins utilisées, mais les riailléens se moquent encore des alvernes pour leur non respect des horaires. Quand une personne tarde à arriver à un rendez-vous, les riailléens disent : Tiens, il marche à l'heure du Grand-Bourg !]

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